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L’écriture

Ça s’écrit. Ça échappe, ça vient de je ne sais où. Comme une urgence, un impératif, une nécessité. Ma main n’est que l’instrument d’une pensée formée hors de moi, ou plus exactement au fond de moi, de mon inconscient. C’est lui qui furtivement se dévoile et me surprend. C’est étrange. A la fois étrangère et tellement mienne. C’est l’écriture. Celle de la poésie, de la musique, du surgissement fugace incontrôlé.
Je marche seule en pleine nature, en osmose avec elle, et les mots s’écrivent, l’imaginaire débridé s’amuse, la page blanche devient espace de liberté.

Du plus profond d’une autre solitude, l’écrit vient marquer l’instant du ressenti, déposé dans les mots. La distance se crée, les maux sont datés à l’heure exacte. Un autre temps peut commencer, plus léger.

Je regarde une image, un tableau, quelque chose qui me parle, l’écriture alors prend à nouveau l’air de la liberté.
Ça s’écrit comme un mystère. Ça prend forme, ça vit.

Marie Bourdon

La photographie est entrée doucement dans ma vie. A pas feutrés. Elle s’est installée, s’est imposée, et je l’ai accueillie, yeux grands ouverts sur le monde, sur ce qui m’entoure. Aujourd’hui, je vis avec elle. Comme avec l’écriture, la peinture, chacune à leur manière. Puis est venu ce besoin de partager pour le plaisir.

« Nulle part ailleurs, je n’aurais eu le privilège de rencontrer tant d’individus différents, que dans cette cour de récréation où j’ai joué un photographe ambulant. »     Robert Doisneau                                                                                                          

Photographie

Quelque chose comme écrire, dessiner, peindre la lumière, la clarté.

L’art des extrêmes, des oppositions, un monde de surprises.

Un monde magique.

Tout est là, autour de moi et en moi.

Il y a mon œil, mes yeux, le regard que je porte sur ce qui m’entoure là où je suis, sur la vie. Ce qui s’offre…ce que je veux bien voir.

Mon regard qui s’aiguise au fil des jours, du temps qui passe.

Photographier : fixer l’instant fugace, arrêter le mouvement dans son élan, dans son vol. Rendu immobile.

Faire bouger, vibrer l’inerte, en lui donnant vie. Opposés.

Photographier : jouer avec la lumière, composer avec elle, lever le nez et les yeux vers le ciel, observer les nuages, guetter le soleil qui va percer.

Sans communion avec la nature, avec les éléments, pas de photographie pour moi. Je sais que ce moment est unique, éphémère.

Magique…ce qui se dévoile peu à peu, quand l’image apparaît .

Attente…fébrilité de ce qui voudra bien se montrer, de ce que je n’avais pas vu et qui surgit. Surprise  !

Instant fixé tel que je le voulais. Osmose parfaite. Contentement des sens.

Elle est inscrite dans ma mémoire. Je peux sentir les parfums, les odeurs du moment «T», retrouver l’émotion ancrée au fond de mon âme à l’instant du déclic.

De cet instant précis, de ce temps arrêté, suspendu, je peux me souvenir de tout. Voyager dans le passé. Chaque photographie est liée à ces émotions, et vient en créer d’autres.

Photographie, graphe de la vie…

Chacun ensuite, chaque «regardeur», viendra se raconter une histoire, son histoire. Qui sera autre, qui sera sienne.

Marie Bourdon